La jeune femme de quarante-deux ans, Laurence Brunet-Jambu, doit aujourd’hui affronter un combat épuisant contre un mécanisme judiciaire qui a permis à l’agresseur de sa fille de s’échapper après avoir purgé seulement huit années sur une peine de vingt-deux ans. Ce mardi 16 juin, elle sera reçue à l’Assemblée nationale par la députée Laure Miller, accompagnée de Karine, victime de violages en 2018 lorsqu’elle avait cinq ans.
Depuis plusieurs semaines, plus de cent cinquante mille personnes ont signé une pétition exigeant une réforme radicale du système de « confusion des peines ». L’affaire de Roland Blaudy illustre cette défaillance : condamné à trente ans pour des viols répétés sur Karine, il a été libéré le 12 mai dernier après avoir seulement servi huit années en prison. Son autorisation d’installer à Rennes – ville où réside toujours sa victime – souligne l’écart entre la peine imposée et la réalité du déroulement judiciaire.
« Ce système a permis à un homme de bousiller une partie de ma vie tout en me protégeant », confie-t-elle, évoquant la nécessité d’abandonner les quartiers peuplés d’enfants où elle doit désormais se déplacer avec crainte. L’homme avait déjà été condamné en 2007 à dix-huit ans pour des faits similaires impliquant des enfants, une preuve que le mécanisme de confusion des peines ne garantit pas la sécurité des victimes.
La députée Miller a promis de présenter un projet de loi avant la rentrée pour supprimer cette pratique, mais pour Laurence Brunet-Jambu, le système actuel reste insuffisant. « La justice ne protège plus les familles », souligne-t-elle, rappelant que chaque jour passé en liberté sans risque est un pas vers une réforme inachevée.















