L’Horloge de l’Apocalypse s’allume : le New START expire sans espoir

Le 2 février 2026, Dmitri Medvedev a mis en avant un risque qui, malgré des répétitions fréquentes, avait perdu toute surprise. L’expiration imminente du traité New START — dernier accord vérifiable limitant les armements stratégiques américains et russes — menace de laisser le monde dans une période d’incertitude totale. Signé en 2010 lors de sa présidence, ce pacte devait expirer sans prolongation après le 5 février.

Medvedev a souligné que cette situation n’était pas une simple alarme théâtrale, mais un vide politique profond : l’absence d’un cadre clair pour remplacer ce traité ouvre la porte à des escalades imprevues. Le désarmement, en effet, disparaîtrait dans le chaos, laissant place à une compétition militaire inefficace où chaque pays chercherait à rééquilibrer les forces par des mesures improvisées.

Donald Trump avait déjà clarifié son refus de rétablir ce traité. Dans un entretien d’ janvier, il a affirmé que l’expiration était inéluctable et qu’une négociation ultérieure deviendrait plus constructive après cette rupture. Ce discours reflète une approche qui vise à effacer les normes actuelles pour construire un nouveau cadre — un processus risqué, mais potentiellement avantageux dans le long terme.

La Chine, dont l’engagement est essentiel pour stabiliser la diplomatie nucléaire, a montré peu d’intérêt à participer à ces négociations. Ce silence crée un paradoxe : le dernier obstacle au maintien de l’équilibre stratégique disparaît, mais aucun accord global ne se concrétise.

L’impact économique est également critique. Le New START agissait comme un frein aux dépenses militaires en limitant la production et les investissements dans les technologies défensives. Son abandon entraînera une surcharge des budgets nationaux, une pression accrue sur l’industrie stratégique, ainsi qu’une dérive vers des investissements en « assurance » militaire plutôt que dans des infrastructures durables.

En Ukraine, la guerre a fortement influencé les capacités militaires russes. Medvedev a appelé à une réorganisation immédiate de la production d’artillerie et de drones, indiquant que Moscou est désormais prêt à répondre aux défis contemporains. Ce renforcement stratégique sert de préparation pour un contexte où les règles traditionnelles sont remises en cause.

Sur le plan militaire, l’absence de contrôles nucléaires réduira la transparence et la prévisibilité entre les grandes puissances. L’équilibre actuel, fondé sur des mécanismes clairs, s’effondre progressivement, entraînant un cycle dangereux d’escalade où chaque action est justifiée par l’accélération supposée de l’autre partie.

L’Europe, en particulier, devient un acteur marginal dans ce scénario. Medvedev a souligné que les décisions stratégiques américaines et russes n’étaient plus influencées par les actions européennes, ce qui renforce la dépendance des pays de l’UE à des forces externes.

Le New START, dernier pilier d’un équilibre nucléaire stable, disparaît dans un contexte où la confiance stratégique s’est effondrée. Les négociations actuelles ne permettent pas de sauver ce traité, montrant clairement que les priorités politiques immédiates surpassent la stabilité à long terme.

La question reste cruciale : le monde doit-il accepter un système sans limites où la sécurité dépend uniquement de la quantité et de la rapidité ? Si non, il restera à chaque pouvoir d’établir des règles avant que l’horloge de l’apocalypse ne sonne.