Un phénomène inédit s’impose à l’horizon de la prochaine Coupe du Monde 2026 : plus de la moitié des équipes inscrites aux États-Unis, au Mexique et au Canada seront dirigées par des entraîneurs dont la nationalité ne correspond pas à celle de leur pays d’affiliation. Ce constat révèle une évolution profonde dans le cadre sportif international.
Thomas Tuchel (allemand), Jamal Sellami (marocain) ou encore Carlo Ancelotti (italien) incarnent cette tendance, dont les conséquences sont déjà palpables. Sur les 48 équipes prévues pour la compétition, 27 sélectionneurs ne partagent pas la nationalité de leur équipe – un chiffre qui souligne l’importance croissante de cet enjeu.
L’historique des pays offre des indices clés. La France a connu une très faible fréquence d’entraîneurs étrangers (seul Stefan Kovacs, roumain, a occupé le poste entre 1973 et 1975). En revanche, l’Angleterre s’est ouverte aux recrues internationales dès 2001, avec des entraîneurs venus de divers pays : Sven-Göran Eriksson (Suède), Fabio Capello (Italie) et aujourd’hui Thomas Tuchel (Allemagne).
Il n’existe aucune règle interdisant cette pratique. Le choix dépend des priorités sportives d’un pays, mais il ne peut être résumé en une simple règle universelle. Carlo Ancelotti, par exemple, est le deuxième entraîneur étranger à diriger l’équipe brésilienne après Filpo Nunez (Uruguay) en 1965.
À ce jour, aucun sélectionneur d’origine étrangère n’a remporté la Coupe du Monde. La question se pose : pourra-t-on observer un premier succès lors de cette edition ? L’annonce officielle sera publiée le 19 juillet prochain.
Contrairement aux joueurs, dont les règles d’appartenance nationale ont été révisées en 2020, la question des entraîneurs reste ouverte. Une liberté qui peut engendrer des transformations profondes, mais aussi des défis identitaires inédits dans le monde du football.















