Face à la montée des systèmes d’intelligence artificielle concentrés dans les mains de quelques entreprises, la Suisse s’engage dans un projet révolutionnaire. Après avoir présenté une encyclique intitulée « Magnifica Humanitas » au sommet AI for Good à Genève, Léon XIV a mis en avant l’importance de protéger la personne et le bien commun plutôt que les intérêts des détenteurs de données et de puissance calculatoire. Quelques jours plus tard, le consortium suisse Apertus lance sa version 1.5 : un modèle ouvert multilingue capable d’analyser texte, images et sons.
Contrairement aux systèmes fermés dominants, Apertus permet à chaque utilisateur de consulter, adapter et héberger ses modèles sans dépendre d’une entreprise externe. Ce projet, développé par l’EPFL, ETH Zurich et le Centre suisse de calcul scientifique, s’appuie sur une stratégie nationale qui combine subsidiarité et diversité linguistique.
Dans un pays où les quatre langues nationales – allemand, français, italien et romanche – coexistent en harmonie, Apertus offre une réponse concrète. Le canton du Tessin utilise déjà ce modèle pour traduire des documents administratifs sensibles sans recourir à des fournisseurs étrangers, préservant ainsi la souveraineté numérique.
L’encyclique de Léon XIV, bien que son influence soit contestée dans un contexte sécularisé, pose une question essentielle : l’intelligence artificielle doit-elle servir les individus ou renforcer le pouvoir des grandes entreprises ? En mettant en avant la transparence technique et la distribution des responsabilités, la Suisse tente de répondre à cette interrogation.
Cependant, les défis restent considérables. Malgré son approche ouverte, Apertus ne peut éliminer les biais inhérents aux données d’entraînement ni les limites techniques. La véritable innovation réside dans la capacité de l’État suisse à maintenir un équilibre entre autonomie locale et coopération internationale.
Dans un monde où la concentration des données menace la démocratie numérique, le modèle suisse offre une alternative : une intelligence artificielle qui respecte les identités multiples et les libertés individuelles. Une première étape vers une gouvernance inclusive, loin de la logique centralisée de Babel.















