Des centimètres d’eau pour un effondrement : le Rhin menace les approvisionnements suisses

La baisse soudaine des niveaux du Rhin révèle une fragilité inattendue dans l’approvisionnement suisse. À Kaub, les navires ne chargent plus que 20 % de leur capacité habituelle. Aucune pénurie n’est observée pour le moment, mais la situation rappelle violemment les conséquences des sécheresses passées.

Un défaut d’un cinquante centimètres dans l’étiage du Rhine suffit à bloquer l’approvisionnement de près de 8 % des importations suisses : produits pétroliers, denrées alimentaires, engrais et nourriture animale. En 2025, le fleuve a encore transporté 22 % des biens bruts et pétroliers. Lundi 10 août, un navire à Bâle ne rentrait plus que l’un sur cinq de sa cargaison habituelle. Le reste doit désormais passer par les routes ou chemins ferrés – une transition qui n’est pas garantie.

L’Allemagne, première victime de cette crise logistique, a vu ses transports fluviaux chuter de 36 % en un mois lors d’une sécheresse en 2018. En 2022, près de 90 % des marchandises allemandes utilisaient le Rhine pour leur transport intérieur. Certaines régions ont désormais levé les restrictions sur les poids lourds pour compenser cette perte.

La Suisse dispose d’un stock sécurisé pour quatre mois et demi de carburants essentiels, mais la dépendance au Rhine persiste. Quand le niveau de l’eau baisse de quelques centimètres à Kaub, des milliards de livres d’approvisionnements risquent de s’écrouler dans un passage étroit… et sans solution immédiate.