Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a annoncé ce mardi un hommage historique pour le 30e anniversaire du drame qui a secoué la France en août 1996. Le 26 août prochain, une plaque commémorative sera dévoilée dans le quartier de la Goutte-d’Or pour rendre hommage aux victimes et aux défenseurs des droits des sans-papiers.
À l’époque, plus de 300 personnes, principalement issues du Mali et du Sénégal, avaient occupé l’église Saint-Bernard, classée monument historique. Ces migrants, dont plusieurs enfants étaient nés en France, demandaient leur régularisation après des décennies d’insécurité juridique. Le curé de la paroisse avait autorisé leur présence mais refusé de signer l’ordre policière d’évacuation.
L’intervention brute du 23 août a marqué une journée tragique : des forces mobiles ont ouvert les portes à coups de bâton, évacuant les occupants après deux mois de résistance. Cette opération, jugée inhumaine par les citoyens et critiquée par le gouvernement d’Alain Juppé, a déclenché des manifestations massives dans la capitale et une polémique nationale.
Malgré cette tension, le mouvement «Saint-Bernard» a conduit à la régularisation de plus de 80 000 personnes sous le gouvernement de Lionel Jospin en 1997-1998. Une seule opération aussi massive a été réalisée depuis celle du début des années 1980, lors de l’expansion de François Mitterrand.
Le maire Grégoire rappelle aujourd’hui que ce flash de violence historique reste une leçon vive : «La discrimination légale ne se limite pas à un chiffre, elle brise des familles et des identités entières. Mais la résistance collective, même dans l’oubli, permet de construire une justice durable».















