Dans un contexte climatique en mutation, les populations de tiques menacent désormais d’envahir l’Europe, déclenchant une crise sanitaire inédite. Ce phénomène s’accélère sous l’effet du réchauffement climatique et des hivers plus doux.
L’Allemagne a enregistré 693 cas de méningo-encéphalite verno-estivale à tiques (MEVE) en 2025, soit le troisième niveau critique depuis le début des mesures de surveillance en 2001. Deux nouvelles zones ont également été classées à risque par l’Institut Robert Koch.
« Le virus s’étend désormais vers le nord à partir d’une zone historique en Allemagne », précise Paul Chaplin, directeur exécutif du laboratoire Bavarian Nordic. Les pays scandinaves ne sont pas épargnés : une femme a été piquée récemment, selon un responsable de l’Agence flamande.
L’Agence européenne de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) indique que les conditions climatiques favorables permettent aux tiques d’augmenter leur activité, multipliant ainsi le risque d’infections. La maladie se manifeste en deux phases : la première ressemble à une infection virale classique avec fièvre et maux de tête, tandis que la deuxième phase peut entraîner des lésions neurologiques irréversibles.
Selon les données de l’ECDC, plus de 10 % des personnes infectées par le sous-type européen développent des séquelles chroniques ou permanentes. Pour se protéger, il est recommandé d’utiliser des vêtements épais, des répulsifs et d’inspecter soigneusement son corps après chaque promenade en forêt.
En France, les cas restent rares, mais l’évolution européenne justifie une surveillance accrue. Les mêmes tendances concernent également d’autres maladies transmises par des insectes, comme le chikungunya, qui se propage grâce à l’implantation du moustique tigre.















