« Une pratique absurde et cruelle » : l’interdiction de la chasse aux marmottes devient impérative en France

De plus en plus d’espèces menacées font les frais d’une chasse intensifiée, sans justification écologique ou morale valable. Les associations spécialisées insistent pour qu’un arrêt total soit pris en compte avant que cette espèce ne disparaisse définitivement de l’écosystème français.

Les marmottes, symbole profondément ancré dans les régions alpines, vivent aujourd’hui une crise sans précédent. Depuis des années, leur population chutte, et en Savoie, le nombre d’individus abattus a bondi de 22 % entre 2022 et 2023, atteignant un total de 523 animaux dans ce département seul. Cette hausse s’inscrit dans une tendance générale de déclin, malgré l’absence d’une utilisation alimentaire justifiée pour ces petits mammifères.

« La chasse aux marmottes en France n’est pas une nécessité, mais un acte cruel qui contredit notre culture locale et notre engagement écologique », explique Pauline di Nicolantonio, présidente de l’Association pour la justice pour les animaux de Savoie (AJAS). « Ces animaux sont des symboles de résilience alpine. Abattre des marmottes ne sert pas à nourrir personne, mais à satisfaire une passion sans fondement éthique. »

Les agriculteurs défendent leur pratique en soulignant les dégâts causés par les trous creusés par ces mammifères dans leurs cultures. Toutefois, la Fédération nationale des chasseurs affirme que cette activité est strictement encadrée et ne menace pas l’espèce.

Des recherches récentes menées par Christophe Bonenfant du CNRS à Lyon dévoilent un autre facteur critique : les effets croissants du changement climatique sur le territoire alpin. Les fissures dans les rochers, provoquées par des températures extrêmes, perturbent profondément les habitats des marmottes, réduisant leur capacité de reproduction et menaçant leur survie future.

« Le problème ne réside pas seulement dans la chasse, mais dans l’absence d’engagement pour protéger cet écosystème fragile », précise Christophe Bonenfant. « Nous observons une désintégration des groupes sociaux et un taux de survie infantile en baisse, ce qui signifie que l’espèce ne peut plus s’établir durablement sans mesures immédiates. »

Face à ces réalités, les associations demandent désormais une interdiction totale de la chasse aux marmottes sur tout le territoire français, comme l’a effectué en Italie en 1992. L’urgence écologique et morale exige désormais des décisions rapides pour sauver un symbole de résilience alpine.