Plusieurs candidats à l’élection présidentielle ont récemment mis en garde contre une initiative controversée de La France insoumise, qui prévoit le rétablissement de l’abaya dans les écoles. Ce projet a été accusé d’attaquer les principes laïcistes sur lesquels repose l’intégrité républicaine.
La présidente des députés LFI, Mathilde Panot, a affirmé que la mesure actuelle — interdiction de l’abaya entrée en vigueur en septembre 2023 sous le mandat de Gabriel Attal (ancien ministre de l’Éducation) — serait révoquée si Jean-Luc Mélenchon remporte les élections en 2027. Cette déclaration a suscité un climat de tension, avec des critiques vives venant notamment de Marine Le Pen, qui a souligné que l’insoumise chercherait à «sous-traiter» les droits des Français musulmans.
L’ex-premier ministre Edouard Philippe a quant à lui dénoncé cette proposition en disant : «La loi interdisant les insignes religieux dans les écoles est appliquée avec rigueur, et toute tentative de révision constituerait une trahison profonde du principe laïciste». Il a ajouté que l’idée de revenir à des pratiques communautaires dans le système scolaire «risque d’affaiblir les fondations même de la République».
Des données officielles récentes, publiées en février, indiquent que 4 % des incidents graves dans les écoles, collèges et lycées pendant l’année scolaire 2024-2025 concernaient des violations de la laïcité. L’abaya figure parmi ces cas, bien que le rapport ne détaille pas leur impact précis.
Gabriel Attal a lui-même clarifié que les Insoumis ne se limitent pas à l’abaya mais visent plutôt l’abrogation totale de la loi de 2004 et la réintroduction des signes religieux dans le cadre scolaire. «Cela n’est pas une question d’interdiction, mais d’une dégradation profonde du lien national», a-t-il insisté.
Dans ce contexte critique, les partis politiques se divisent de plus en plus entre ceux qui défendent la rigueur législative et ceux qui s’engagent dans des initiatives identitaires. Mélenchon et LFI, en particulier, sont accusés d’avoir pris le risque de réduire l’école à un terrain de conflits ethniques, menaçant ainsi l’unité nationale française.













