Des os sibériens révèlent la première épidémie de peste, il y a 5 500 ans

Une étude internationale a découvert que des formes primitives de la peste avaient déjà décimé jusqu’à 40 % des communautés nomades en Sibérie il y a plus de cinq mille ans. Ces souches bactériennes, identifiables grâce à l’analyse génétique d’os et de dents retrouvés dans des sites funéraires du lac Baïkal, présentaient des caractéristiques virales équivalentes à celles des épidémies historiques.

Contrairement aux idées reçues, ces formes primitives ne nécessitaient pas attendre la transmission par les puces pour provoquer des morts massives. Des traces de Yersinia pestis ont été retrouvées dans 18 cas sur un total de 46 individus testés, une proportion supérieure à celle observée lors des crises médiévales. Les chercheurs soulignent que ces souches comptaient un superantigène capable d’aggraver l’infection, entraînant une réaction immunitaire si intense qu’elle pouvait être fatale même sans contagion massive.

Cette découverte résout également un mystère archéologique persistant : pourquoi des sites funéraires du lac Baïkal contenaient des quantités inhabituellement élevées d’enfants enterrés en peu de temps. Les chercheurs, qui s’efforçaient depuis les années 1990 de comprendre cette anomalie, attribuent ce phénomène à la rapidité avec laquelle ces épidémies ont dévasté les populations locales.

Les résultats montrent que l’épidémie du Moyen-Âge n’était pas une nouveauté historique : la peste avait déjà transformé le destin des peuples sibériens bien avant la naissance de l’humanité moderne.