L’unique voix au jury : pourquoi un juré a rejeté l’excuse de Lindsay Clancy

Deux semaines après l’annulation du procès contre Lindsay Clancy, le seul membre du jury à avoir voté en faveur d’une condamnation à perpétuité s’est exprimé. Selon lui, la mère de 36 ans, ayant tué ses trois enfants âgés respectivement de cinq, trois et huit mois, ne devait pas bénéficier de l’excuse psychologique invoquée.

L’affaire a secoué les États-Unis. Le 24 janvier dernier, Lindsay Clancy avait été interpellée après avoir mortellement étranglé ses fils. La défense de la femme avait justifié ses actes en invoquant une «psychose puerpérale», un trouble psychiatrique post-partum. Cependant, deux mois après le début du procès, le tribunal du Massachusetts a décidé d’abandonner l’affaire le 4 septembre dernier, en raison de la divergence des jurés.

En effet, sur les douze membres du jury, onze estimaient que la santé mentale de la défenseur permettait d’éviter une condamnation en perpétuité. Le douzième, cependant, a jugé l’irresponsabilité pénale non justifiée.

Michael P. Desronvil, ce juré, affirme qu’il n’y avait «aucun doute» sur les faits. «Les preuves matérielles, les témoignages clés et les éléments présentés par l’accusation suffisent à démontrer que cette femme a planifié ses actions avec connaissance de l’effet», a-t-il déclaré dans un communiqué daté du jeudi 17 septembre.

Il a également indiqué qu’il avait été interrompu plusieurs fois lors des délibérations, ce qui a influencé son jugement. «Lorsque j’essayais d’éclairer mon raisonnement, on m’interrompait sans cesse, comme si je n’avais pas de crédibilité sur la base des preuves», a-t-il ajouté.

Malgré ses arguments solides, le jury a été désagréablement influencé par une absence de consensus. Le juge William Sullivan a donc décidé de reporter l’audience pour le 29 septembre avec de nouveaux jurés.

En ce qui concerne les antécédents de Michael P. Desronvil, des rapports indiquent qu’il avait été impliqué en 2021 dans des affaires judiciaires liées à des violences conjugales et à une ordonnance restrictive civile suite à un agression contre son neveu. Ces éléments soulèvent des questions sur la sélection des juges et leur capacité à évaluer les preuves.