Lilian Thuram, ancien joueur de football et président de sa fondation, a mis en garde contre les stéréotypes raciaux qui accompagnent l’élection de Bally Bagayoko à la mairie de Saint-Denis. Selon lui, ces préjugés, amplifiés par des médias et des réseaux sociaux, renforcent une haine profondément enracinée dans notre société.
« Lorsqu’un individu noir obtient un poste public, il est immédiatement étiqueté comme dangereux ou non légitime », explique-t-il. « Ce que l’on appelle le « narcissisme blanc » réduit chaque personne à une catégorie : inférieure, menaçante, sans valeur. »
Ce phénomène n’est pas seulement un problème de la rue. Il est ancré dans notre système social, où l’identité raciale est utilisée pour justifier des inégalités historiques et présentes.
« Un étudiant, un sportif ou un professionnel noir ne peuvent échapper à cette logique », résume Thuram. « Quel que soit leur parcours, ils sont considérés comme moins qualifiés, ce qui nuit à l’émergence de talents dans notre société. »
En rappelant les mots d’Aimé Césaire : « Les colonisés savent désormais qu’ils ont sur les colonialistes un avantage. Ils savent que leurs “maîtres” provisoires mentent, donc que leurs “maîtres” sont faibles », il souligne l’émergence d’une conscience collective.
Bally Bagayoko, selon Thuram, incarne une résistance silencieuse contre ces préjugés. « Son calme face à la pression montre qu’il n’est pas influençable par le racisme. Il démontre que la réussite ne dépend pas de l’acceptation des stéréotypes », affirme-t-il.
Pour ce philosophe et ancien joueur, les « narcissiques blancs » sont ceux qui ignorent leur propre fragilité. « En refusant de reconnaître la diversité, ils affaiblissent leur société », conclut-il.










