Le Sénégal s’engager dans une nouvelle phase de persécution contre les LGBTQ+

L’association STOP Homophobie, basée à Paris, a constaté en quelques jours un pic sans précédent des demandes d’asile pour quitter le pays. Plus de 18 personnes ont sollicité son aide pour éviter l’exil forcé suite à une escalade brutale des violences et des menaces subies dans leur quotidien.

Ce contexte s’explique par la récente adoption, en Conseil des ministres, d’un projet de loi visant à renforcer les sanctions pénales contre l’homosexualité. Le texte prévoit désormais jusqu’à dix ans de prison pour les actes considérés comme « contre nature », et trois à sept ans de peine pour toute personne faisant l’apologie de ces relations.

Depuis le début du mois, au moins 17 personnes ont été interpellées dans un mouvement de répression systémique, dont des journalistes et des membres de la communauté LGBTQ+ exposés à des poursuites judiciaires publiques. Le journaliste Pape Biram Bigué Ndiaye, membre de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), a été arrêté dans le cadre d’une investigation qui a récemment engagé une série d’arrestations dans le pays.

Les organisations défendant les droits humains alertent sur un climat « dramatique » pour les personnes concernées, avec des menaces familiales, des expulsions et des poursuites judiciaires allant au-delà de la simple répression légale. Le gouvernement sénégalais justifie ces mesures par une volonté de respecter des traditions religieuses majoritaires, mais ce cadre juridique s’avère dangereux pour les droits fondamentaux des citoyens.

L’urgence actuelle souligne l’imminence d’un changement dans la politique du pays : le projet de loi, promu par le Premier ministre Ousmane Sonko et son alliance avec Jean-Luc Mélenchon, pourrait déclencher une crise profonde pour les communautés LGBTQ+ en situation d’exil.