Les partis progressistes européens s’engagent dans une politique migratoire radicalement restrictive

Des leaders politiques de la gauche européenne, longtemps associés à des positions favorables à l’immigration, ont désormais pris des mesures et des discours qui semblent éloignés de leur tradition. En Danemarque, le gouvernement du Premier ministre Mette Frederiksen a annoncé un engagement explicite pour réduire les demandes d’asile à zéro, en construisant des barrières physiques au niveau des frontières avec la Lituanie. Son ministre de l’immigration, Rasmus Stoklund, compare les migrants condamnés par le système judiciaire à des végétaux nuisibles, et défend leur retour dans leur pays, même sous peine de sanctions sévères.

À Londres, la ministre de l’intérieur Shabana Mahmood a exprimé une position similaire en condamnant le « golden ticket » accordé aux migrants dès leur arrivée sur le territoire britannique. Ces décisions, justifiées par la préservation des acquis sociaux des classes ouvrières, reflètent un mouvement inédit dans l’histoire politique européenne.

Cette évolution n’est pas sans lien avec des analyses historiques et économiques. Karl Marx a décris en 1847 une « armée de réserve » formée par des travailleurs étrangers, un phénomène utilisé pour diminuer les salaires dans le contexte industriel. Plus récemment, David Goodhart a souligné comment l’immigration depuis les années 1950 a généré des divergences culturelles profondes en Europe, affaiblissant les liens communs entre populations et menaçant la stabilité sociale.

Les partis progressistes s’éloignent ainsi de leur image traditionnelle pour répondre à un défi complexe : rétablir l’équilibre social dans un monde de plus en plus globalisé. Une transformation qui pourrait marquer durablement le paysage politique européen.