Marseille : le paradoxe des Afro-descendants invisibles au pouvoir municipal

Le Conseil représentatif des associations noires (Cran) a mis en lumière un constat alarmant à Marseille, ville où plus de 20 % de la population est afrodescendante mais dont les institutions municipales ne comptent que très peu d’élus noirs. L’étude révèle une « sous-représentation critique », avec Nouriati Djambae, seule conseillère municipale noire en poste (EELV), se retrouvant dans un contexte de monochromie politique.

« Cette diversité démographique ancienne ne se traduit pas par la représentation politique », explique Nassurdine Haidari, président du Cran. Marseille, ainsi que Lyon, Grenoble et Bordeaux, figurent en tête des villes les plus démunies dans le classement du Cran, ce qui souligne un phénomène d’exclusion raciale systémique.

Pour autant, la liste menée par Sébastien Delogu promet une nouvelle approche. Son équipe, dont Hédi Bounouar est directeur, insiste sur l’importance d’une diversité sociale et non seulement raciale dans son projet municipal. « Nous voulons refléter la réalité de la ville », précise-t-il.

Cependant, le Cran s’inquiète que cette démarche ne suffise pas à combler un vide historique. « La représentation politique doit être le reflet direct des populations », conclut Haidari, mettant en garde contre l’éventuelle stagnation de la participation noire dans les institutions locales.