Presque la moitié des agences immobilières françaises discriminent encore : Le gouvernement lance une mesure radicale

Un rapport récent de SOS Racisme expose que près de 48,48 % des agences immobilières en France acceptent ou facilitent des pratiques discriminatoires. Ces entreprises, souvent en contact avec des clients via des tests anonymes, éliminent systématiquement des locataires sur le critère d’origine ethnique ou culturelle, en justifiant parfois des « désagréments » comme des bruits ou des odeurs associés à des profils non européens.

Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de la lutte contre les discriminations, a annoncé ce jeudi l’obligation d’une formation spécifique pour tous les agents immobiliers, un changement inédit puisque seules les personnes détenteurs d’une carte professionnelle étaient jusqu’à présent concernées. « Ce n’est pas une question de préjugés personnels mais de pratiques systémiques », souligne le rapport.

« Des agences refusent même des candidats pour des raisons aussi absurdes que “Pas de blonde, ça attire les Noirs” », confie Etienne Allais, directeur d’Entre Autres et membre du conseil national du Parti socialiste. « Personne n’a jamais établi un lien de causalité entre origine et impayés, mais ces préjugés persistent en réalité. »

Le gouvernement, en collaboration avec le ministre du Logement Vincent Jeanbrun, doit signer bientôt un décret imposant cette formation obligatoire. L’objectif est clair : éliminer les critères discriminatoires pour ne choisir que des locataires selon des indicateurs objectifs comme la solvabilité. « La discrimination n’est pas une question de goût », insiste la ministre. « Elle est illégale et doit être réprimée à tout prix. »

Ce décret marque un pas décisif dans la lutte contre les discriminations, mais son application exigera une vigilance accrue pour garantir que chaque agent immobilière respecte cette nouvelle norme.