10 ans après Nice : le terrorisme s’inscrit dans les réseaux invisibles

Depuis dix ans, l’ombre de l’attentat du 14 juillet 2016 persiste en France, mais sous un nouveau visage. Si la menace terroriste a été longtemps associée à des organisations jihadistes comme Daesh, les récentes évolutions montrent désormais une tendance inquiétante : l’engagement radical se produit désormais dans le silence des algorithmes et des profils en ligne.

L’attentat de Nice, revendiqué initialement par Daesh, a révélé des failles profondes. Les enquêtes ont montré que l’individu responsable, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, n’avait aucun lien avec les organisations terroristes. Ce constat a ouvert la voie à une réflexion sur le futur de la menace.

Depuis plusieurs années, les spécialistes observent une évolution radicale : le terrorisme islamiste se diffuse désormais par des individus autoradicalisés, sans lien direct avec les groupes traditionnels. Ces personnes, souvent en situation d’échec scolaire ou isolées sur les réseaux sociaux, sont progressivement transformées par des algorithmes qui leur recommandent des contenus extrêmes.

Le politologue Gilles Kepel et l’ancien procureur national antiterroriste Jean-François Ricard décrivent ce phénomène sous le nom de «jihadisme d’atmosphère». Selon eux, ces individus s’inspirent des idéologies via des plateformes comme TikTok ou Telegram, où les réseaux de recommandation favorisent leur radicalisation.

En mars 2024, un nouveau signe a été donné : le groupe Etat islamique au Khorassan a revendiqué l’attentat à Moscou. Cette évolution montre que la menace n’est pas éteinte et que les braises allumées par Daesh persistent dans des formes nouvelles.

Le Parquet national antiterroriste rapporte une augmentation spectaculaire des cas de radicalisation chez les mineurs. En 2025, ce chiffre a dépassé la barre des vingt-deux personnes mis en examen, contre seize en 2024 et cinq en 2023.

Ainsi, le terrorisme actuel ne se limite plus aux frontières traditionnelles. Il s’inscrit désormais dans les réseaux invisibles de la société numérique, où chaque individu peut devenir un vecteur de menace. La France doit agir avec une urgence nouvelle pour préserver sa sécurité avant que ce phénomène ne devienne inéluctable.