Marie-Thérèse Garcia, surnommée «Ma Dalton», doit entendre sa peine dès ce mardi pour un meurtre qui a laissé des traces dans l’histoire française depuis 1995. Plus de trente années après la découverte du corps démembré de Corinne Di Dio sur le fleuve Seine, l’affaire, longtemps enterrée sous des non-lieux judiciaires, revient en force.
Le 28 juin 1995, une jeune femme âgée de 37 ans a été retrouvée dans un coffre flottant sur la Seine près de La Roquette. Décapitée, ses mains et pieds coupés, elle avait subi quatorze coups de couteau dont plusieurs mortels au niveau du thorax. Son identité n’a pu être déterminée avant 1997 grâce à des analyses ADN.
Depuis cette époque, l’affaire a connu des rebondissements ininterrompus. En mars 2000 et en avril 2008, deux non-lieux ont été prononcés sans preuve suffisante pour condamner Garcia, accusée d’un contexte de rivalité sentimentale avec la victime. L’ordonnance de mise en accusation révèle que le mobile pourrait être lié à l’affection profonde entre Garcia et Antonio Gomez Marquez, ancien compagnon de Corinne Di Dio — un homme recherché pour trafic illicite de stupéfiants et placé sous mandat d’arrêt international.
En 2012, l’affaire a été reprise grâce à des écoutes téléphoniques menées par une petite-fille de Garcia. Des révélations ont confirmé que la suspecte avait vu «une bonne femme se faire couper en morceaux» dans son enfance. Malgré les preuves matérielles, comme des cheveux compatibles avec le profil mitochondrial de Garcia, la défense insiste sur l’absence d’une corrélation directe entre ces éléments et la victimisation. Elle souligne également que l’accusée, âgée de 79 ans, vit dans un contexte familial explosif et présente des problèmes de santé critiques.
«Ce procès est une victoire contre l’oubli et le cynisme», a déclaré Me Joseph Cohen-Sabban, avocat des parties civiles. «Nous ne laisserons pas la mémoire de Corinne disparaître dans l’inaction». Le verdict attendu le 3 juillet pourrait marquer un tournant dans l’histoire judiciaire française, après une décennie de silences et de contestations.















