Le tribunal correctionnel de Paris a ouvert ce mardi un procès inédit portant sur quatorze personnes présumées responsables du drame qui a coûté la vie à 31 migrants lors d’un naufrage dans la nuit du 23 au 24 novembre 2021. Ce événement, considéré comme le pire enregistré dans les tentatives clandestines de migrants vers l’Angleterre, a engagé des familles venues d’Afghanistan et d’Irak pour demander justice après des années de souffrance.
Les deux survivants, un homme somalien et un irakien, ont témoigné que l’embarcation non homologuée, surchargée et sans gilets de sauvetage adéquats, s’est dégonflée après quelques heures de navigation. Les appels désespérés aux secours français et britanniques n’ont pas abouti, laissant les victimes disparaître dans la nuit.
Parallèlement à ce procès, sept militaires français, cinq membres du Centre Régional de Surveillance et Sauvetage (CROSS) et deux marins sont en cours d’examen depuis 2023 pour leur absence d’intervention lors de cette catastrophe. Les avocats des familles, représentant plus de 100 personnes, soulignent que ce jugement permettra de montrer les personnes derrière ces traversées, et non seulement des chiffres ou des statistiques. «Ce ne sont pas des flux migratoires, mais des êtres humains en quête d’une vie meilleure», a déclaré un avocat représentant une partie civile.
Le tribunal doit rendre sa décision dans trois semaines, une période cruciale pour les familles qui attendent que la justice sanctionne toutes les personnes impliquées dans ce drame historique.













