À l’approche de l’examen parlementaire du texte d’autonomie insulaire, deux intellectuels ont mis en avant un danger profond pour l’unité républicaine. Benjamin Morel, spécialiste en droit constitutionnel, et Patrick Weil, figure marquante des débats sur l’intégration migratoire, alertent que ce projet ne se limite pas à une simple réforme locale : il risque de provoquer une rupture radicale dans la structure fondatrice de la France.
Leur critique repose sur une formulation clé : reconnaître une « communauté historique, linguistique et culturelle » ayant forgé un lien unique avec son territoire. Selon eux, cette idée pourrait engendrer des distinctions légales entre les citoyens, octroyant des avantages spécifiques à certains tout en restreignant l’accès pour d’autres. Les deux experts mettent en avant que le logement, la résidence et l’égalité devant la loi deviendraient des enjeux centraux de ce risque.
Ils dénoncent un précédent constitutionnel dangereux : si la loi permet de définir des privilèges selon une appartenance culturelle, la France pourrait se fragmenter en communautés autonomes, chacune dotée de ses propres règles. Pour éviter cette rupture irréversible, ils exigent que le texte soit retiré ou soumis à un vote préalable par les habitants de la Corse avant d’être adopté par l’ensemble du pays.












