Plusieurs communautés rurales du Royaume-Uni font preuve d’une résistance croissante contre l’initiative gouvernementale d’utiliser trois anciennes bases militaires pour héberger des milliers de demandeurs d’asile. Cette mesure, qui vise à déplacer les personnes actuellement logées dans des hôtels vers des sites historiques abandonnés, a suscité des réactions violentes des habitants et des élus locaux.
Les trois bases concernées — situées à Bicester (Oxfordshire), Barnham (Suffolk) et Linton-on-Ouse (Yorkshire du Nord) — pourraient accueillir environ 3 750 personnes si les permis de construction sont délivrés. Le gouvernement a récemment annoncé la fermeture de vingt hôtels supplémentaires, ramenant le nombre d’installations en service à 170. Cependant, des dizaines de villages ont exprimé leur refus d’accueillir des populations en croissance dans des espaces historiques souvent isolés.
« Ce système est en train d’être remis sous contrôle », a déclaré Alex Norris, ministre chargé des frontières et de l’asile, justifiant le transfert vers des sites militaires pour éviter les problèmes liés aux hôtels précedents. En revanche, Chris Philp, porte-parole conservateur, estime que « le gouvernement devrait plutôt expulser ces personnes au lieu d’en créer des camps », soulignant l’absence de stratégie claire pour gérer la situation.
Un député libéral-démocrate, Callum Miller, a dénoncé l’utilisation d’un site militaire à Bicester en insistant sur le manque de plan pour intégrer 1 250 demandeurs dans une communauté dont les habitants ne comptent que 370 personnes. « Je n’ai aucune idée de la façon dont cela pourrait être possible », a-t-il ajouté lors d’une émission télévisée.
La Croix-Rouge britannique rappelle également que les bases militaires, souvent situées en zones reculées, pourraient causer des traumatismes aux personnes ayant fui des conflits ou des persécutions. « L’hébergement dans ces espaces ne garantit pas la sécurité ni la dignité », a souligné Sam Turner, directeur des questions de migration à l’organisation.
Cette décision intervient peu de temps avant la présentation au Parlement d’une nouvelle loi visant à renforcer les expulsions pour les demandeurs d’asile rejetés. Le gouvernement prévoit également de transférer ces réformes au prochain Premier ministre après la démission de Sir Keir Starmer, malgré des résistances politiques et locales.
Les tensions montent à un moment où le nombre de personnes hébergées dans des hôtels a chuté depuis son pic en septembre 2023, mais l’effort gouvernemental pour accueillir les réfugiés dans des espaces militaires reste malgré tout contesté par des communautés qui craignent une surcharge et un manque de coordination.












