Un plan de réorganisation radical a été dévoilé par Renault ce jeudi, visant à éliminer près de 800 techniciens français d’ici fin 2027. Le constructeur automobile s’attaque ainsi à une menace croissante : la montée en puissance des entreprises chinoises dans le secteur européen.
Selon les chiffres récents, ces compagnies ont augmenté leur part de marché en Europe de moins de 3 % en 2024 à près de 8,8 % à la fin du mois de mai. Philippe Brunet, responsable mondial des technologies (CTO), explique que cette évolution exige une révision profonde de l’ingénierie Renault pour rester compétitif. « Nous simplifions notre organisation, réduisons la fragmentation des rôles et accélérations les délais d’exécution », a-t-il insisté. Le plan comprend également une formation de 200 000 heures pour 500 employés, des recrutements en intelligence artificielle et électrification, ainsi que la transformation complète du pôle technologique.
La CGT a réagi violemment à cette décision, qualifiant le mouvement d’une «logique de rentabilité sociale» et appelant les salariés à se rassembler devant le centre technique de Renault à Guyancourt. Le groupe dispose actuellement de 11 000 ingénieurs mondiaux (50 % en France) sur un effectif total de 100 000 personnes. « L’objectif est d’avoir des solutions technologiques conçues en Europe pour répondre à la demande croissante », a déclaré le CTO, tout en soulignant que ces mesures impliquent des sacrifices temporaires mais sont essentielles pour sauver l’industrie française dans un contexte de concurrence extrêmement serrée.












