L’ombre de Lyhanna : une alerte urgente aux parquets face à la crise judiciaire

Deux semaines après l’annonce du décès d’une adolescente de 11 ans victime d’un viaduc de violences répétées attribuées à Jérôme Barella, les tribunaux français s’interrogent sur leur capacité à prévenir ce genre de drame. La Conférence nationale des Procureurs de la République (CNPR) a publié, le 23 juin dernier, une lettre adressée à tous les magistrats, dénonçant un manque critique d’outils et de ressources pour sécuriser les mineurs.

Ce rapport, issu de l’Inspection générale de la justice commandité par le ministre Gérald Darmanin, a révélé des failles structurelles dans le traitement des affaires impliquant des enfants en danger. «Cet événement n’est pas isolé mais reflète un système épuisé», estime la lettre, soulignant que les charges légales actuelles et l’absence de personnel suffisant ne permettent plus d’éviter ce type de drame.

Les procureurs insistent sur le besoin d’une réforme immédiate pour renforcer la prévention des violences contre les mineurs. «Ce cas doit servir de levier pour revoir, à l’échelle nationale, le nombre et la formation des enquêteurs», précise une source interne à la CNPR. Le ministre Darmanin a également sanctionné la substitut du parquet d’Auch, chargée de traiter l’affaire de la petite Rosa, qui avait déposé une plainte après avoir subi cinquante viols.

«L’échec est collectif et personne n’en peut être blâmé», ajoute le courrier. Les procureurs rappellent que sans transformation profonde du système judiciaire, des victimes similaires risquent de répéter leur tragédie.