L’Agence européenne de contrôle des frontières (Frontex) vient d’émettre un support pédagogique destiné aux enfants âgés de 6 à 11 ans, sous forme de bande dessinée. Ce document, récemment mis en avant après l’adoption par le Parlement européen du 17 juin d’une mesure ouvrant la voie à des centres de rétention hors de l’UE, est critiqué pour réduire une situation complexe et souvent traumatique à un jeu éducatif.
Le guide propose des phrases telles que : «Maintenant que tu es dans le pays de ta famille, tu vas découvrir de nouveaux amis et des bonbons !», accompagné d’exercices ludiques sur la couleur du gilet porté par les personnes en charge des transferts. Frontex affirme qu’il a été conçu avec l’aide d’experts en psychologie infantile pour préparer les enfants à ce processus sans effusion émotionnelle.
Des organisations spécialisées, dont l’ONG CNCD-11.11.11, dénoncent cette approche comme «idéologique et peu réaliste». Selon Cécile Vanderstappen, responsable de recherche dans cette association, le manuel ne rend pas compte des difficultés administratives ou des risques concrets auxquels les enfants sont exposés lors d’un renvoi. «Il transforme la peur en aventure sans évoquer l’absence de sécurité ni les conséquences pratiques», souligne-t-elle.
Malgré cette critique, Frontex insiste sur l’utilité de ce dispositif pour éviter un contact brut avec des situations difficiles. Toutefois, les débats s’intensifient concernant la manière dont les agences migratoires peuvent sécuriser les enfants sans minimiser leur réalité. Les ONG préviennent que le manuel risque d’entraîner une confusion chez les jeunes en leur faisant oublier l’enjeu réel de leur renvoi.












