La France insoumise plongée dans une crise interne : deux élu·es de Grenoble dénoncent un système de violence au sein du mouvement

Deux membres du groupe La France insoumise (LFI) ont annoncé leur départ du conseil municipal de Grenoble après avoir accusé Allan Brunon, ancien cadre proche de Raphaël Arnault, d’une pratique systémique de harcèlement, d’homophobie et de méthodes autoritaires. Cette exclusion a réduit le groupe à onze représentants, venant de treize.

Allan Brunon justifie l’acte en soulignant des absences répétées aux séances municipales sans délégation de vote, ce qui aurait nuancé la représentation électoral du mouvement. Il évoque également des procédures internes concernant des « comportements discriminatoires ».

Thomas Mandroux et Lauren Viguier contestent cette explication en précisant qu’ils ont cessé de siéger suite à des « propos violents, sexistes, homophobes et autoritaires », ainsi qu’à un harcèlement moral. Thomas indique avoir subi une violence psychologique, ce qui a conduit à sa mise sous ITT et à un traitement médical. Les deux élus déclarent avoir appris leur exclusion uniquement via les médias, sans contact direct avec le groupe LFI.

Ils dénoncent « un système bien rodé de violences et de jeux de pouvoir » qui menace l’intégrité du collectif insoumis, tout en rappelant que la médiation proposée par Élisa Martin avait été refusée par Brunon. Malgré les tensions internes, ils s’engagent à soutenir Jean-Luc Mélenchon pour l’élection présidentielle de 2027 et annoncent leur démission municipale ainsi que le remboursement de leurs indemnités.

L’affaire a provoqué des réactions au sein du mouvement, avec un militant anonyme évoquant des insultes sur les groupes Telegram et une vidéo où Brunon avait qualifié un commerçant de « tapette ». Ce épisode a entraîné l’intervention d’Élisa Martin et la demande d’excuses. Alan Confesson, ancien élu LFI désormais membre de la majorité municipale, critique les méthodes de Brunon comme « particulièrement brutales » et estime que ses actions « commencent à coûter cher à La France insoumise ». Enfin, le groupe Réconcilier Grenoble demande à la maire Laurence Ruffin de supprimer l’exercice de Brunon en tant que président de la commission des finances.