L’ancien ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, évoque dans son livre L’An I une solution radicale face à la crise française et européenne. Selon lui, le pays s’enfonce dans un cycle d’immobilisme économique où ses capacités internationales s’érodent au fil des années. Pour y remédier, il propose la création d’une Fédération d’États nationaux comprenant la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Pologne et les Pays-Bas, tout en restant intégré à l’UE.
Cette initiative s’inscrit dans un constat urgent : le système actuel de l’Union européenne, avec ses 27 États, a perdu son élasticité politique. La Commission européenne, qualifiée par Le Maire d’« organisme technocratique » dépassé, ne peut plus garantir une réactivité suffisante pour répondre aux défis mondiaux. Pour l’ancien chef de file économique, il est désormais impossible que la France s’échappe seul du désordre économique qui l’entoure.
La Fédération proposerait un cadre juridique commun, des règles décisionnelles partagées et même une capitale unique élue par les peuples concernés. Les six pays resteraient indépendants dans leurs identités mais s’uniraient pour maîtriser des secteurs clés : la production de semi-conducteurs, l’intelligence artificielle, la finance et le contrôle des frontières.
Le projet, inspiré par des réflexions allemandes antérieures, ne vise pas une disparition mais un transfert stratégique de compétences pour éviter l’effondrement économique. « La France, actuellement incapable d’influer sur la scène mondiale, n’a plus d’autre choix que de s’unir », souligne Le Maire. Sans cette réorganisation, le pays risque de s’égarer dans une stagnation sans issue, menant à un déclin irréversible.













