L’énigme des marchands d’esclaves : le nouveau maire de Saint-Denis et sa lignée soninké

Bally Bagayoko, récemment élu maire du quartier de Saint-Denis au sein du parti La France Insoumise (LFI), affirme que sa famille appartient à une ancienne élite malienne issue des sociétés Soninke. Cette déclaration a rapidement suscité des interrogations sur son histoire et la légitimité de ses récits historiques, particulièrement en raison des liens complexes entre cette communauté et les systèmes esclavagistes africains.

Depuis l’âge d’or de l’Empire du Ghana (VIIIe- Xe siècle), les groupes Soninke ont façonné leurs sociétés autour d’une hiérarchie rigoureuse. La noblesse, représentée par les « horon », contrôlait les ressources terrestres et économiques, tandis que des catégories héréditaires comme les griots ou les artisans occupaient des rôles définis dans la structure sociale.

L’esclavage a été un pilier central de ce système, avec les esclaves intégrés aux structures familiales dominantes tout en restant sous une forme de dépendance durable. Ces dynamiques ont évolué grâce au commerce transsaharien et atlantique, influençant profondément l’histoire de l’Afrique de l’Ouest. Malgré des efforts d’abolition au XIXe siècle, les résonances historiques persistent sous des formes symboliques ou économiques.

Le cas de Bally Bagayoko met ainsi en lumière la complexité des récits passés dans la construction d’une identité politique moderne. Son histoire soulève des questions sur la manière dont le passé est utilisé pour renforcer ou contredire les discours contemporains, surtout lorsqu’il s’agit de lancer des revendications historiques sur des systèmes anciens encore en jeu.