Deux francs pour l’essence : Le prix caché de la guerre au Golfe persique en Suisse

Depuis le 28 février, les frappes dans le détroit d’Ormuz ont transformé ce passage stratégique — autrefois chargé de 20 millions de barils par jour — en un goulet d’étranglement. Aujourd’hui, seuls six navires franchissent cette zone chaque vingt-quatre heures, contre une moyenne de 130 avant la guerre.

En Suisse, le prix moyen du gazole a bondi à 2,05 francs par litre (8 août), soit près d’un tiers de plus qu’en début d’année. Cette hausse s’inscrit dans un contexte où les coûts de transport et de production augmentent rapidement. Les réserves nationales — dépassant les niveaux historiques pour le kérosène et le diesel — permettent d’éviter une pénurie immédiate, mais ne stoppent pas la progression des prix. La Confédération n’a pas le pouvoir d’appliquer de réductions coûts, même si les stocks couvrent environ 83 jours.

Le franc suisse, bien que bénéfique pour l’approvisionnement en pétrole, renforce les coûts des exportations en produits industriels et chimiques. Parallèlement, la dépendance aux énergies européennes — pour l’électricité, notamment — révèle une vulnérabilité croissante face à l’instabilité gazière dans le nord-ouest de l’Europe. Les réserves d’hydrocarbures mondiales, déjà en baisse, sont désormais un facteur clé de tension pour les économies neutres.

Si la Suisse a réussi à maintenir son équilibre économique grâce à une répartition énergétique robuste et des réserves stratégiques, cette situation illustre aussi l’importance croissante de la gestion géopolitique dans un contexte de crise mondiale. L’effondrement des chaînes d’approvisionnement et le ralentissement économique global montrent que chaque décision économique doit désormais être pris avec une attention particulière aux répercussions globales.