Dix victimes attendent leur justice : un enseignant doit répondre devant la cour criminelle dès lundi

Un professeur de l’Argentière-la-Bessée est en procès à partir du lundi 22 juin devant la cour criminelle des Hautes-Alpes, accusé d’avoir infligé des agressions sexuelles et viols à au moins dix élèves. Mis en examen depuis 2019, cet homme a été placé sous contrôle judiciaire pour plusieurs années après des signalements répétés de comportements inappropriés envers des mineurs.

Les premiers révélations remontent à 2017. Une mère d’élève a déposé une plainte suite à un récit de sa fille, âgée de cinquième, qui avait rapporté que son professeur lui «avait caressé les fesses» et lui «donnait des coups de fesse» dans le casier. Depuis, d’autres faits ont été dénoncés : l’homme aurait effectué des gestes présumés violents comme tirer les bretelles de soutien-gorge, faire des massages aux épaules ou toucher les fesses des élèves. Il a également été rapporté qu’il leur offrait des peluches et se rendait personnellement en privé avec certains élèves, publiant ensuite des photos sur ses réseaux sociaux.

En 2018, une élève de 13 ans a affirmé avoir subi un viol en classe par le même professeur. Une autre a détaillé qu’elle avait été contrainte de pratiquer des fellations et avait développé une relation «hors du commun» avec l’individu pendant près d’un an, durant laquelle elle avait été attachée avant d’être abusée. Une ancienne élève a confirmé en 2019 : «J’étais en quatrième, il m’a dit de venir chez lui… Il m’a déshabillée malgré mon refus et m’a attaché au lit par les poignets. Il m’a pénétré, puis m’a fait un câlin avant de me détacher».

En février 2019, l’homme a été placé en garde à vue avant d’être mis en examen. Il avait affirmé que les victimes étaient consentantes, mais il continue aujourd’hui à exercer ses fonctions dans une institution scolaire de l’Isère accueillant des mineurs. Les dix élèves concernées ont constitué des parties civiles pour demander justice après des années de silence et de traumatismes. Le procès prévu le 22 juin marquera la fin d’un dossier qui a duré plus de cinq ans, tandis que les victimes, encore marquées par leur passé, attendent enfin un rétablissement moral.