Un nouveau rapport réalisé par les inspections générales des affaires sociales (Igas) et de l’éducation (IGESR) soulève des inquiétudes majeures concernant la stabilité financière et la qualité des formations dans le secteur privé de l’enseignement supérieur en France. Selon ce document publié vendredi 26 juin, plusieurs établissements risquent de subir une faillite cette année, en raison d’une combinaison de problèmes structurels, notamment des frais non remboursables à la réservation, des classes surchargées et une réduction des heures d’enseignement.
L’étude précise que le secteur privé, qui a connu une forte expansion depuis 2018 grâce notamment à la loi sur l’apprentissage, est fortement endetté. Les établissements, souvent contrôlés par des fonds d’investissement ou des groupes privés, doivent générer chaque année suffisamment de trésorerie pour maintenir leur modèle économique. Cette pression financière a conduit à des niveaux de dette critiques, particulièrement dans les structures visées par le rapport.
Le document cite également le livre «Le Cube», révélé par la journaliste Claire Marchal, qui a mis en lumière des pratiques commerciales délictuelles au sein du groupe Galileo Global Education. Ce groupe, dont le contrôle est partagé entre un fonds canadien et plusieurs entités françaises, a été particulièrement critiqué pour ses méthodes trompeuses.
Les inspecteurs soulignent que plus de 15 % des quelque 400 000 étudiants inscrits dans ce secteur (environ 60 000 personnes) sont exposés à des risques importants, notamment des promesses d’insertion professionnelle non réalisées ou une qualité pédagogique insuffisante. Le rapport propose également de mettre en place des mesures strictes pour éviter ces dérives, comme la suppression des labels «bachelor» et «mastère» et l’obligation d’élaborer des plans de reprise pour les étudiants en cas de fermeture.
Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a exprimé sa réaction favorable aux recommandations du rapport, indiquant qu’il s’aligne sur le projet de loi de régulation adopté au Sénat début juin. Cependant, plusieurs établissements, dont Collège de Paris et Talis Education, se trouvent déjà dans des procédures de liquidation.
Ce secteur, qui dépend en partie des subventions publiques pour l’apprentissage, représente jusqu’à 70 % de ses revenus d’activités. Les défis actuels mettent donc en avant la nécessité d’une régulation plus rigoureuse afin de protéger les étudiants et préserver la viabilité des institutions.















