Après des décennies de dépendance aux systèmes américains, la Suisse a choisi une nouvelle voie pour sécuriser son territoire. Le Parlement fédéral a décidé d’étendre le service des F/A-18 au-delà de 2030, malgré les retards et les coûts croissants liés à leur remplacement prévu par les F-35.
Cette décision marque un tournant dans la politique militaire suisse. En effet, les systèmes Patriot et F-35, initialement prévus pour être livrés en 2027, ont été retardés de 5 à 7 ans en raison des priorités américaines (d’abord l’Ukraine, puis le Moyen-Orient). Pour éviter qu’un problème logistique ou une pénurie ne compromette sa défense aérienne, Berne préfère désormais assurer la résilience des chaînes d’approvisionnement plutôt que se concentrer exclusivement sur les performances techniques.
Les F/A-18, en service depuis les années 1990, sont aujourd’hui une solution temporaire. Leur maintenance coûte de plus en plus cher, avec des fissures structurelles qui exigent des réparations coûteuses. La Suisse exploite même près du tiers des F/A-18 dans le monde.
En conséquence, la commande de F-35 a été réduite de 6 appareils (de 36 à 30), tandis que le gouvernement prévoit une prolongation de l’utilisation des anciens avions. Cette stratégie, bien que contestée par certains partis politiques, reflète une prise de conscience claire : une défense durable ne peut se fonder qu’au niveau local ou régional.
Pour garantir cette autonomie, le gouvernement a décidé que les futurs fournisseurs devront produire au moins 40 % des composants critiques en Suisse ou en Europe. Cette mesure, malgré ses défis économiques et technologiques, est un premier pas vers une sécurité militaire indépendante.
La Suisse a donc appris à ne plus se fier uniquement aux performances techniques. En prenant la décision de prolonger les F/A-18, le pays a enfin tiré les leçons de sa dépendance et redéfini son avenir défensif.















