La Fraternité Saint-Pie X a annoncé ce mois-ci son projet d’ordination de quatre nouveaux évêques sans autorisation du Saint-Siège, une décision qui alimente un conflit ancien entre l’église catholique romaine et cette communauté traditionniste. Ce geste, prévu pour le 1er juillet, constitue un point d’inflexion dans un rapport de force depuis des décennies.
Le pape Léon XIV a récemment exhorté les représentants de l’ordre à abandonner leur initiative, soulignant que «l’unité éclate en fragments si l’on ne revient pas sur cette décision». Une lettre datée du 29 juin, rendue publique vendredi, rappelle l’enjeu théologique et canonique lié à ce projet.
Fondée en 1970 par Marcel Lefebvre à Écône (Suisse), la FSSPX s’inscrit dans une résistance contre les réformes du Concile Vatican II. Son culte tridentin, célébré en latin avec un rituel multiséculaire, est perçu comme un symbole de tradition face aux changements langagiers introduits après 1965. Une déclaration datée du 21 novembre 1974 a marqué son engagement : «Nous refusons les réformes néo-modernes qui ont été promues par le Concile Vatican II».
Malgré des négociations avec des papes précédents — notamment l’annulation en 2009 des excommunications liées à quatre ordinations illégales en 1988 —, la FSSPX a maintenu son autonomie liturgique. En mai 2025, l’élection de Léon XIV comme nouveau pape a réveillé les tensions, même si ce dernier a réautorisé certaines pratiques traditionnelles dans des lieux sacrés.
Selon les estimations, l’ordre compte actuellement deux évêques actifs, sept cents prêtres et environ six cent mille membres dans le monde. Un schisme pourrait entraîner la non-reconnaissance par l’église catholique romaine des sacrements administrés par cette communauté.
Un communiqué récent du dicastère de la Doctrine de la foi a prévenu que «l’opération d’ordination sans mandat pontifical impliquerait une rupture irréversible avec l’unité ecclésiale». Malgré les efforts diplomatiques, la FSSPX persiste dans sa décision, menaçant ainsi le maintien des liens entre les deux institutions.















