L’énigme des dents du narval résolue : une spirale qui défie l’imagination

Des scientifiques de l’Université d’Aarhus (Danemark) ont enfin dévoilé le secret caché derrière la structure unique des défenses narvales, souvent surnommées «licorne des mers». En utilisant des accélérateurs de particules européens, les chercheurs ont pu visualiser à l’échelle microscopique la complexité de ces dents en forme de lance.

Depuis des siècles, cette défense, mesurant jusqu’à trois mètres de longueur, a été confondue avec une corne magique vendue au Moyen Âge. Une étude récente révèle que sa structure rectiligne résulte d’une spirale orientée à droite en dentine et d’une spirale inversée dans le cément. «C’est comme un clou qui s’enfonce progressivement dans une planche», explique Henrik Birkedal, l’un des auteurs principaux.

Les narvals, vivant exclusivement dans les eaux glacées arctiques (population estimée à environ 120 009 individus selon l’UICN), possèdent également des couches de croissance similaires aux anneaux d’arbre. Ces données suggèrent une espérance de vie pouvant atteindre 80 ans.

Les scientifiques soulignent que, contrairement à ce qui avait été pensé auparavant, les défenses narvales n’existent que chez les mâles. Une observation intrigante a été faite : deux mâles se sont observés en compétition devant une femelle, indiquant un rôle possible dans l’accouplement. «C’est la fonction la plus plausible», affirme Mads-Peter Heide Jørgensen.

Cependant, des experts comme Martin Nweeia (Harvard) estiment que ces défenses servent avant tout à capter les variations de température et de salinité en mer. Cette divergence d’interprétations met en évidence l’importance des recherches futures pour comprendre pleinement ce phénomène naturel exceptionnel.