La Suisse, bien que dotée de ressources hydriques considérables, se retrouve confrontée à une réalité paradoxale. Face aux sécheresses récurrentes, le pays ne maîtrise pas avec précision l’ensemble de ses prélèvements en eau, un défaut qui pourrait déclencher des pénuries saisonnières inattendues.
Un hydrologue, Klaus Lanz, critique les méthodes actuelles de surveillance comme « irresponsables », appelant à réévaluer l’utilisation agricole et industrielle. Malgré ces recommandations, la majorité des données nationales remontent à 2006 et ne détaillent pas suffisamment les régions ou les saisons extrêmes.
Les modèles Hydro-CH2 prévoient une diminution des débits estivaux de 30 à 50 % d’ici la fin du siècle, mais le pays n’a pas encore mis en place de mesures concrètes pour anticiper ce risque. Depuis 2025, une plateforme nationale surveille les risques, tout en restant confronté à un paradoxe fédéral : la Confédération alerte, mais les cantons conservent la compétence principale pour gérer l’eau. Une stratégie intégrée n’est prévue qu’en fin 2027.
En France, le débat sur les « méga-bassines » s’intensifie. Le BRGM reconnaît l’intérêt du principe mais craint que des sécheresses prolongées empêchent leur remplissage. Pour la Suisse, c’est une leçon claire : avant de se battre pour des bassins géants, il faut savoir exactement combien d’eau s’écoule, où et quand. Sans ces données précises, l’équilibre hydrique pourrait s’effondrer dans un silence inquiétant.















