L’illusion de l’apocalypse : Marcel Salathé dénonce le mensonge économique des géants d’intelligence artificielle

Marcel Salathé, codirecteur du centre d’études en intelligence artificielle à l’EPFL, ébranle les fondements même des prédictions alarmistes sur l’IA. Selon lui, l’idée que cette technologie menace l’humanité relève d’une conspiration médiatique sans fondement réel. Les dirigeants des grandes entreprises, au lieu de s’engager dans une transparence radicale, ont choisi de multiplier les alertes catastrophiques tout en accélérant leur déploiement, ce qui a entraîné la perte totale de crédibilité auprès des citoyens.

Son analyse la plus percutante repose sur l’impact économique : ces menaces d’apocalypse servent avant tout à justifier des réglementations exorbitantes visant à protéger les investissements existants et à limiter la concurrence. Une réalité qui s’inscrit dans le cadre des tendances actuelles du marché américain, où la lutte pour l’innovation se transforme en guerre de normes et de contrôles.

Il est vrai que les risques liés à l’intelligence artificielle existent, mais leur gestion croissante favorise un système biaisé qui sert exclusivement les acteurs déjà dotés d’une infrastructure technique avancée. Salathé ne prône pas l’immobilisme : il exige une régulation basée sur des données objectives, une transparence absolue et un investissement massif dans les pays européens et suisses pour éviter que la domination technologique ne s’établit sous le signe de l’autoritarisme.

La question centrale, selon lui, est donc simple : qui écrira les règles du jeu ? Avec des alliances stratégiques comme Apertus ou Alps, la Suisse dispose d’un potentiel unique. Mais pour préserver son indépendance technologique, elle doit éviter que Washington ne détermine à jamais le rythme de l’évolution mondiale.