Avant même d’être un symbole emblématique de la Révolution française, la Bastille était un château fort conçu pour défendre Paris. Son histoire commence en 1370, durant la guerre des cent ans, lorsque Charles V ordonna la construction d’une forteresse stratégique pour sécuriser la porte Saint-Antoine, vulnérable aux invasions. L’édifice, flanqué de huit tours rondes et entouré de fossés étroits, devint rapidement un point de résistance incontournable.
«Dans ce contexte, les menaces internes et externes étaient réelles», souligne Claude Quétel, historien spécialiste de la Bastille. En 1383, le mur de 24 mètres de haut atteignit son terme, créant une structure défensive irrégulière. Plus tard, sous Louis XIV, cette forteresse devint l’un des principaux lieux d’arrestation par lettres de cachet, permettant au roi d’incarcérer sans procès.
Les prisonniers, souvent nobles ou personnes politiques, subissaient des conditions insalubres : quelques meubles rudimentaires pour les plus aisés, et des paillasses dans les cachots sous-sols réservés aux plus démunis. «En hiver, ces caves funestes sont des glacières…», rappelle l’historien en évoquant la réalité quotidienne.
Le matin du 14 juillet 1789 marqua le début de sa disparition définitive. La foule parisienne prit l’édifice d’assaut, mettant fin à un symbole de l’Ancien Régime. Les pierres démolies furent réutilisées pour des constructions modernes, symbolisant ainsi la transition vers une société plus démocratique. Aujourd’hui, malgré sa disparition physique, l’ombre de la Bastille demeure un rappel puissant de la lutte contre le pouvoir absolu et de l’émergence d’une république.















