Sans pause ni fin : les habitants de La Talaudière plongés dans l’effervescence des livraisons drones illégales

Depuis des années, des colis envoyés en drone affluent dans les établissements pénitentiaires, transportant des téléphones portables, des substances interdites et même des objets de prévention. A La Talaudière (Loire), cette pratique clandestine provoque une réaction croissante chez les riverains, contraints d’affronter un rythme incessant de nuisances.

Un jeune homme de 25 ans a été condamné à dix mois de prison il y a quelques semaines pour des livraisons par drone au centre pénitentiaire local. Ce n’est pas une exception dans cet établissement, régulièrement ciblé par ce phénomène.

Lucas (nom d’emprunt), qui habite à deux mètres du mur de la prison, décrit un quotidien marqué par l’absence de repos : «Il y a toujours quelque chose. Du matin au soir, sans interruption. Quand ils passent, ça dure vingt minutes. Des voyages après des voyages…»

Pour lui, le dérangement est tangible : «Les colis tombent à l’intérieur, traversent les fenêtres et captent tout ce qui se passe autour.»

Parfois, ces livraisons s’accompagnent de comportements agressifs : «Quand ils ne veulent plus leur colis, ils le jettent. Et puis, par jeu, ils lancer des pierres ou d’autres objets dans la cour.»

Des téléphones portables, des cigarettes, des produits stupéfiants ou même des couteaux en céramique peuvent être déposés près des fenêtres des détenus. Ces colis génèrent également un problème de sécurité intérieur : «Après des fouilles minutieuses, on ne sait jamais ce qu’il contient. On n’a jamais le temps d’inspecter toutes les cellules simultanément», explique Enrico Adrien, secrétaire adjoint du syndicat local.

Le syndicaliste propose des mesures concrètes : «Nous souhaitons installer des filets métalliques sur les cours pour empêcher l’atterrissage des drones et éviter les dépôts illégaux.»

Cette activité, devenue très lucrative, est souvent organisée par des pilotes recrutés en ligne, facturant entre 300 et 600 euros par livraison.