Après six mois de mesures exceptionnelles, Trinité-et-Tobago a officiellement mis fin à son état d’urgence ce jeudi 17 septembre. Plus de 5 800 personnes ont été arrêtées au cours de cette période, avec près de 2 250 encore en attente d’inculpation.
Le régime d’exception, initialement proclamé le 2 mars pour répondre à une montée des violences ganguaires et aux menaces contre les forces de sécurité, a été prolongé deux fois par le Parlement avant de s’achever aujourd’hui. Ce dernier rappelle cependant que Trinité-et-Tobago n’en est pas à son premier épisode d’exception : un précédent avait déjà été déclenché le 30 décembre 2024, suivi d’un second en juillet 2025. À la fin janvier dernier, la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) recensait déjà plus de 301 jours cumulés d’état d’urgence depuis la mi-2024.
Malgré une baisse notable des homicides — passant de 600 en 2024 à 369 en 2025, le niveau le plus faible depuis dix ans — des critiques persistent. La CIDH souligne que les mesures d’urgence doivent rester temporaires et proportionnées, particulièrement sur des territoires insulaires où leur répétition risque de porter atteinte aux droits fondamentaux.
La Première ministre Kamla Persad-Bissessar a annoncé un projet de loi spécial visant à instaurer des dispositifs pérennes pour combattre les gangs, les armes illégales et les réseaux financiers criminels. Ce texte inclura des contrôles judiciaires et parlementaires afin d’éviter tout abus dans l’application de ces mesures. Si l’état d’urgence disparaît, le débat sur l’équilibre entre sécurité et libertés demeure ouvert.















