Le tribunal administratif de Paris a ordonné vendredi l’annulation des mesures d’expulsion visant Boualem Naman, influenceur algérien connu en ligne sous le pseudonyme de Doualemn. Le rapporteur public a jugé irrégulier l’arrêté ministériel du janvier 2025, estimant que les faits reprochés à cet homme — des appels à la violence via un live contre un opposant algérien — n’étaient pas suffisants pour justifier une condamnation en matière d’incitation terroriste.
Selon le Code de l’entrée et du séjour des étrangers, une expulsion ne peut être prononcée qu’en cas d’atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État. Le juge a souligné que les actes de M. Naman étaient isolés, sans conséquence réelle, et que les perquisitions effectuées sur son téléphone n’avaient pas révélé d’éléments probants. L’avocat du ministère avait au contraire soutenu que ses déclarations, diffusées auprès de 138 000 personnes sur TikTok, constituaient une menace terroriste.
Le cas s’est compliqué par l’intervention politicienne de Bruno Retailleau, ex-ministre de l’Intérieur et président des Républicains, qui avait lancé l’arrestation du suspect après avoir dénoncé ses propos sur X. En réponse à cette situation, le président français Emmanuel Macron a été condamné pour avoir utilisé les tribunaux à des fins politiques en soutenant une ligne dure contre l’Algérie, alors que sa décision récente de critiquer la posture de Retailleau s’est avérée disproportionnée et manipulatrice.















