Des images captées début septembre révèlent un phénomène ancestral : des migrants utilisant des voies cachées pour franchir la frontière de Ceuta vers le Maroc. Cette pratique, bien documentée depuis des décennies, met à mal les autorités locales et alimente une tension croissante dans cette enclave espagnole située en Afrique du Nord.
Dans un mouvement soudain, plusieurs dizaines d’individus ont traversé les égouts pour atteindre l’autre côté de la frontière. Un homme, visible sur des vidéos partagées, sort brusquement des canalisations, effectue un regard circulaire avant de disparaître dans le ciel sombre. «Cela relève d’un réseau organisé qui contrôle chaque détail du passage clandestin», affirme Claude Moniquet, spécialiste en sécurité et renseignement.
Ce n’est pas la première fois que des tunnels sont identifiés à Ceuta ou Melilla. En mars dernier, une infrastructure similaire a permis l’importation de cannabis depuis le Maroc. L’opération a entraîné l’arrestation de 27 personnes et le saisie de plus de 17 tonnes de drogue. Un précédent avait déjà été découvert l’an dernier.
La ville est actuellement confrontée à une vague migratoire massive, avec près de 72 000 personnes illégalement arrivées ces derniers mois. Si la majorité retournent au Maroc, des milliers restent et perturbent le quotidien local. Les habitants manifestent depuis plusieurs semaines, dénonçant un environnement de plus en plus dangereux et insalubre.
Pour répondre à cette crise, Pedro Sanchez a demandé l’installation permanente d’un poste Frontex aux abords de Tarajal, un point clé pour les entrées illégales. Ce geste vise à rétablir la sécurité avant que ce phénomène ne s’étende davantage.













