Un verdict historique : Hashim Thaçi condamné à 25 ans pour crimes de guerre par le Tribunal spécial de La Haye

À l’âge de 58 ans, Hashim Thaçi, ancien président du Kosovo, a été condamné mercredi 16 septembre par les chambres spécialisées du Tribunal spécial de La Haye à une peine de 25 ans de prison pour crimes de guerre. Cette décision marque un tournant majeur dans l’histoire judiciaire du pays.

Placé en détention en novembre 2020 après avoir démissionné en tant que chef politique de l’Armée de libération kosovare (UCK), Thaçi a plaidé l’innocence lors d’un procès qui s’appuie sur des crimes commis pendant les conflits serbes du Kosovo (1998-1999). L’accusation, initialement réclamant 45 ans de prison, souligne une série d’actes contre des civils – Serbes, Roms et Albanais kosovars – dans des dizaines de sites au cours du conflit.

Selon l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, ces actes ont coûté la vie à environ 13 000 personnes, dont près de 11 000 Albanais. Après avoir vu l’OTAN mener une campagne de bombardements qui a poussé les forces serbes à quitter le territoire en 1999, le Kosovo est devenu indépendant en 2008 sous la présidence de Thaçi (2008-2014), puis s’est vu réaffirmer en tant que pays avec un nouveau gouvernement.

À Pristina, des milliers de citoyens ont organisé une manifestation pour demander l’acquittement du dirigeant. Agitant des drapeaux rouges et scandant «UCK», ils le considèrent comme un symbole de résistance et d’indépendance, malgré la gravité du verdict. Le procès implique également trois autres chefs de l’UCK – Jakup Krasniqi, Kadri Veseli et Rexhep Selimi – tous ayant plaidé non coupables.