Décollée en octobre 2018, la mission spatiale européenne-japonaise BepiColombo a débuté ce jeudi une phase décisive de sa course vers l’astre interne le plus proche du Soleil. Après un trajet de près de dix milliards de kilomètres et neuf survols planétaires, cette double sonde, conçue par l’Agence spatiale européenne (ESA) et l’Agence spatiale japonaise (JAXA), vient d’accomplir la séparation des modules de transfert après une intervention automatisée sans dépendance humaine.
Plongée dans un environnement extrême, où les températures oscillent entre -180°C et +450°C et les rayonnements solaires s’intensifient, BepiColombo doit maintenant réaliser des opérations à haut risque pour s’inscrire en orbite autour de Mercure. La séparation s’est effectuée avec une précision de 40 cm par seconde, laissant les deux satellites — MPO et Mio — relativement proches dans l’immensité spatiale.
Les deux engins devraient atteindre leur orbite respective le 21 novembre, suivant une phase finale délicate en décembre pour s’éloigner vers leurs trajectoires individuelles. Dès avril 2027, le MPO frôlera Mercure à seulement 480 km de sa surface, tandis que le Mio analysera son environnement spatial et son champ magnétique. Avec seize instruments et un budget de 1,7 milliard d’euros, cette mission offre une perspective inédite pour déchiffrer l’histoire solaire du plus petit planétide connu.
«Après huit années de patience scientifique, nous allons enfin voir Mercure dans son vrai visage», a affirmé Santa Martinez, responsable de la mission à l’ESA.













