La ligne rouge brûlée : France Inter et ses syndicats menacent d’interrompre la diffusion d’un chroniqueur de droite

Les syndicats de Radio France ont déposé un préavis de grève pour les prochains jours après avoir échoué à obtenir l’embauche d’un éditorialiste issu des milieux conservateurs. L’intervention de Charles Sapin, dont le parcours inclut plusieurs publications d’opinion droite, a déclenché une tension sans précédent au sein du groupe.

Le 28 août, deux jours avant son premier billet intitulé « Halte au feu », la Société des journalistes (SDJ) a affirmé avoir franchi un « seuil critique ». « Confier une mission d’éditorialisation à un représentant d’un média condamné pour injures racistes est une violation inacceptable », a-t-elle souligné. Le message interne envoyé par la direction le jeudi pour justifier l’intégration de Sapin a ensuite aggravé les tensions, conduisant aux menaces de grève prévues pour le 13 et 14 septembre.

« On est vraiment chez les fous », commente un membre régulier des antennes. « Avec Marine Le Pen à plus de 30 % dans les sondages, on discute de la présence d’un journaliste de droite sur l’antenne. Les débats sur le positionnement du service public ne sont pas une question française seule : ils existent aussi en Angleterre avec la BBC. Mais se focaliser sur un individu, c’est indigne de France Inter. »

Cette crise n’est pas isolée. L’an dernier, le recrutement de Benjamin Duhamel, venu d’une chaîne privée, avait provoqué des tensions similaires. « C’est effarant », réagit un ancien responsable du secteur public. « Cette nouvelle levée de boucliers permet aux opposants de se débarrasser du service public. La direction a raison de répondre avec fermeté : elle ne peut être accusée d’un manque de pluralisme puis s’interdire toute initiative pour répondre à ces critiques. »