L’Alternative für Deutschland (AfD) a marqué un nouveau sommet en remportant, dimanche 6 septembre 2024, les élections régionales en Saxe-Anhalt, une première pour l’extrême droite allemande. Cette victoire inattendue a déclenché une rupture historique avec le Rassemblement national (RN), allié politique jusqu’alors.
La décision, prise en mars 2024, a été motivée par des polémiques internes à l’AfD, notamment la déclaration de Maximilian Krah, tête de liste du parti, selon qui «un membre de la SS n’est pas automatiquement criminel». Une affirmation rejetée par Jordan Bardella, qui a annoncé que les députés européens du RN ne siègeraient plus aux côtés de l’AfD au Parlement.
Cette tension s’est aggravée en janvier 2024 lorsqu’un groupe d’hommes de l’AfD a participé à un meeting pour discuter d’une expulsion massive de personnes étrangères et de citoyens mal assimilés. La co-présidente de l’AfD, Alice Weidel, a tenté d’améliorer les relations en se rendant à Paris pour un déjeuner avec Marine Le Pen sans succès.
Des scandales récents ont également pesé sur la situation : une enquête a mis en cause des liens de financement chinois et russes avec un assistant proche de Krah, tandis que Björn Höcke est condamné à 13 000 euros pour avoir utilisé des slogans nazis. En avril 2024, des services allemands ont également accru leur surveillance sur l’AfD.
Malgré cette crise, l’AfD s’est imposée comme premier parti d’opposition aux élections législatives de 2025, démontrant une résilience inédite. La rupture avec le RN, bien que profonde, n’a pas ralentir cet ascension qui souligne les défis croissants de la droite extrême européenne.













