Un document interne daté du 26 août 2014 et classé «confidentiel défense» par la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) révèle que l’État français était au courant d’un accord entre le groupe Lafarge et l’Etat islamique (EI) pour maintenir l’activité commerciale en Syrie, malgré les combats armés dans la région.
Cette décision, prise entre 2013 et 2014, a entraîné des paiements de près de 5,6 millions d’euros vers des groupes djihadistes afin d’assurer le fonctionnement d’une usine située à Jalabiya. Le tribunal correctionnel de Paris a récemment reconnu Lafarge et huit anciens dirigeants coupables de financement du terrorisme, soulignant que ces actions avaient permis « de préparer des attentats terroristes », notamment ceux marquant le 13 janvier 2015 en France.
À l’époque du document DGSE, Lafarge conservait un contrôle absolu sur l’usine, bien qu’elle operât dans une zone instable contrôlée par plusieurs groupes armés, dont l’EI. La multinationale, désormais rachetée par Holcim, a été condamnée pour avoir contribué à cette collaboration avec des organisations terroristes, détruisant ainsi la crédibilité de son image en tant que leader économique français.














