Chaque printemps, le tournoi de Roland-Garros captive l’imagination grâce à sa terre battue, une surface qui incarne à la fois un savoir-faire ancestral et une histoire d’ingéniosité. Née en 1880 lors d’une simple solution pratique pour éviter la chaleur excessive dans les courts, cette technique a été perfectionnée au fil des décennies.
Aujourd’hui, la terre battue, composée de briques broyées, calcaires, résidus de charbon et cailloux concassés, est un symbole incontournable du Tournoi. Bien que cette surface soit utilisée dans le monde entier, elle reste exclusivement fabriquée en France. Deux entreprises locales assurent son production : Supersol, spécialiste des Hauts-de-France depuis 60 ans, expédie chaque année entre 50 et 80 tonnes de terre battue pour Roland-Garros. Son partenaire Gouachées et Corpechot complète le processus en déposant des couches de charbon compacté de six centimètres d’épaisseur.
Les matériaux sont préparés quinze jours avant la compétition, avec une attention particulière aux spécificités locales. Le directeur de Supersol, Didier Durand, explique que le rouge caractéristique provient des carrières du nord de la France et est broyé dans des usines situées à Pontpoint (Oise). Une étape critique consiste à vérifier l’absence d’imperfections : « Si une particule reste intacte, la terre battue meurt en deux jours », souligne-t-il.
Les lignes blanches qui délimitent les courts, quant à elles, sont réalisées avec du calcaire local – environ 60 tonnes pour chaque terrain de 148 m². Ce savoir-faire artisanal, transmis de génération en génération, contribue chaque année à l’exceptionnel charme des courts de Roland-Garros.













