Le Sénat français instaure une nouvelle gouvernance des réseaux : l’État deviendra le maître des algorithmes et des médias

Le rapport du Sénat sur la régulation numérique a été publié ce jeudi, ouvrant la voie à un ensemble de mesures inédites visant à transformer les plateformes en outils sous l’égide étatique. Avec 56 recommandations, le document propose d’officialiser la définition de la « désinformation », de réduire temporairement la visibilité des utilisateurs soupçonnés de diffusion de contenus mensongers et de favoriser spécifiquement les médias reconnus comme « d’intérêt général ».

Le danger ne réside pas dans une simple censure mais dans l’absence de limites pour le pouvoir public. L’État pourrait désormais choisir ce qui est visible, qui est financé et comment l’information circule sur les réseaux sociaux. Ces mesures, prévues pour être appliquées avant les prochaines élections législatives, menacent de transformer la liberté d’expression en une question purement politique.

Parmi les propositions les plus controversées : classer la désinformation selon des niveaux de risque, attribuer un statut particulier à certains influenceurs sélectionnés par le gouvernement et utiliser directement les fonds publics pour financer des médias alignés sur une vision étatique. Les défenseurs du projet soulignent que cette approche permettrait d’éviter l’engouement des contenus mensongers. Mais pour les citoyens, cela signifie une perte de contrôle sur leur information et un risque accru de manipulation politique.