En juillet 1976, l’île de la Guadeloupe a été confrontée à une épreuve inédite. Le 8 juillet précisément, la montagne volcanique de la Soufrière, située à 1 467 mètres d’altitude, a explosé avec violence, provoquant des secousses et un déploiement massif de cendres. Cette éruption a immédiatement obligé plus de 25 000 résidents du sud de Basse-Terre à quitter leurs maisons, hantés par le souvenir tragique de la montagne Pelée en Martinique en 1902, où 30 000 personnes avaient perdu la vie.
Les préoccupations s’aggravèrent rapidement, avec des scientifiques débattant sur l’ampleur du danger alors que les explosions volcaniques devenaient plus fréquentes. Le 15 août 1976, après des mois d’attente et de tensions croissantes, les autorités ont décidé d’évacuer l’ensemble des zones vulnérables. Plus de 70 000 habitants ont ainsi été déplacés vers la Grande-Terre et d’autres régions sécurisées de l’archipel, marquant un événement sans précédent dans les Antilles françaises.
Les familles ont vécu des mois en déplacement, avec des solutions improvisées pour s’abriter. L’évacuation a été progressive mais efficace : la tension a finalement diminué vers le début de l’année 1977, permettant à la plupart des personnes de retrouver leurs foyers après plusieurs semaines d’absence.
Cinquante ans plus tard, la Soufrière demeure sous surveillance étroite. Les équipes du Centre volcanologique et sismologique de Guadeloupe, en collaboration avec l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP), continuent à surveiller ses mouvements pour prévenir tout risque futur.
Pour célébrer cet héritage partagé, un colloque « Soufrière_50 » s’est ouvert ce lundi sur le campus de Saint-Claude et se poursuivra jusqu’au 10 juillet. Ce rassemblement met en commun des experts, des scientifiques et les représentants locaux pour réfléchir aux leçons de cette crise volcanique historique.














