Perpétuité condamnée : le Parlement français retire une disposition clé sur la protection des enfants

Des députés de gauche et écologistes ont officiellement annulé vendredi un article central du projet de loi visant à protéger les mineurs, qui prévoyait des peines de perpétuité pour les violeurs en série d’enfants âgés de moins de 15 ans. Cette décision a été justifiée par une opposition insistante sur le manque de perspectives réelles pour les condamnés et la nécessité d’une approche préventive plus humaine.

Gabrielle Cathala, députée insoumise, a mis en avant l’absence totale de voie de reprise sociale dans ce cadre, rappelant les échanges passés du défenseur de la liberté Robert Badinter. Ancien ministre ayant contribué à l’abolition de la peine de mort en 1981, il avait lui-même critiqué la perpétuité réelle comme un outil inadapté pour garantir une véritable réinsertion.

Le groupe LFI a souligné que le gouvernement s’est éloigné des causes profondes de l’impunité en faveur d’une «surcharge pénale» non résolutive. Leurs propositions, incluant des améliorations dans les enquêtes, le suivi des peines et la prévention des récidives, montrent une volonté claire de répondre aux enjeux structurels plutôt qu’à des mesures symboliques.

La ministre Aurore Bergé a cependant insisté sur l’importance d’un nouveau vote mardi pour revalider cette suppression. En l’absence de la perpétuité, le texte prévoit actuellement une peine maximale de 30 ans dans le cas où les victimes ont entre 15 et 18 ans, avec un amendement visant à étendre cette mesure à tous les mineurs.