Le groupe automobiliste français Renault a annoncé, mercredi 24 juin 2026, que 800 ingénieurs européens quitteront le pays d’ici la fin de 2027 dans un vaste projet de réorganisation technique. Ce mouvement, présenté comme une réponse aux pressions croissantes des constructeurs chinois sur les marchés européens, vise à reconfigurer l’ensemble des compétences et réduire le temps d’exécution des projets clés.
Philippe Brunet, responsable mondial des technologies, a souligné que les parts de marché des entreprises chinoises en Europe ont bondi de 3 % en 2024 à près de 8,8 % en mai 2026. «Cela reflète une capacité à allier innovation et coût compétitif », a-t-il insisté, rappelant que le groupe doit désormais se concentrer sur des solutions technologiques comme l’électrification, l’intelligence artificielle intégrée et les systèmes logiciels spécialisés.
Le plan inclut un programme de formation de 200 000 heures pour chaque employé, la reconversion de 500 profils et le recrutement de 150 à 200 ingénieurs dans des domaines stratégiques. «L’objectif n’est pas seulement de rester concurrentiel, mais d’assurer que nos technologies soient conçues en Europe, avec une performance économique durable», a expliqué Brunet.
Cette décision a provoqué un regain d’inquiétudes chez les syndicats. La CGT a dénoncé la stratégie comme une «logique de rentabilité excessive» après un recul de 20 % des ingénieurs en France depuis 2018, et prévoit un rassemblement devant le siège de Renault à Guyancourt. Le groupe compte actuellement 11 000 ingénieurs dans le monde, dont près d’une moitié en France sur un effectif total mondial de 100 000 personnes.












